La ville de Goma a été secouée dans la nuit du 9 au 10 mars 2026 par des frappes de drones ayant fait au moins trois morts, dont une humanitaire de l’UNICEF de nationalité française.
Selon des informations recueillies par la LISVDHE, les explosions se sont produites vers 4 heures du matin dans le quartier Himbi, précisément dans la zone appelée « Kwa Olive Lembe ». Deux drones auraient frappé cette zone : le premier serait tombé dans le lac Kivu, tandis que le second a touché une maison appartenant à M. Pascal, ressortissant belge et patron de Kivu Motors, utilisée comme logement par des travailleurs humanitaires.
Outre les dégâts matériels, le bilan humain est lourd. Trois personnes ont perdu la vie, dont Mme Karine Buisset, employée de l’UNICEF et de nationalité française.
Ces frappes ne sont pas un cas isolé. Le 2 janvier 2026, des bombardements aveugles attribués aux FARDC ont touché le centre du territoire de Masisi, faisant une vingtaine de victimes. Celles-ci ont été enterrées à Mubambiro le 8 janvier 2026.
La LISVDHE rappelle que Goma est toujours sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23, et que ces frappes surviennent dans ce contexte de tension persistante.
Il convient également de noter que « Kwa Olive Lembe » fait référence à Olive Lembe, épouse du président honoraire Joseph Kabila. Originaire de Goma, elle y a construit une résidence dans le quartier Himbi, à proximité immédiate de la maison touchée par les drones. Cette proximité a conduit certains observateurs à penser que sa résidence pourrait avoir été la cible de ces frappes, bien que les victimes soient des civils et des humanitaires.
Face à cette situation, la LISVDHE exprime sa profonde inquiétude face à l’escalade des tensions entre les belligérants, l’AFC-M23 et les FARDC et leurs alliés, et condamne fermement ces violences. L’organisation appelle les parties à respecter le droit international humanitaire, en particulier le principe de distinction entre civils et combattants, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles.
La LISVDHE recommande également aux deux parties d’éviter de confier l’usage des drones à des recrues ou à des éléments insuffisamment formés, et d’employer exclusivement du personnel qualifié et expérimenté afin de limiter les risques d’erreurs et leurs conséquences dramatiques.
Enfin, l’organisation exhorte les belligérants à ne pas sacrifier les populations civiles pour des intérêts politiques et à privilégier le dialogue en s’asseyant autour d’une table pour trouver une solution pacifique au conflit. Elle appelle en outre les autorités compétentes à diligenter une enquête indépendante et transparente afin d’établir les circonstances exactes de ces frappes et d’identifier les responsabilités.