Goma: Les rebelles de l’AFC-M23, enlèvent et exécutent sommairement des civils.

Publié le 18 mars 2025 à 12:24

Les cas d'enlèvements perpétrés par les rebelles du M23 ne cessent de causer pas seulement de terreur et désolation, mais aussi, ils font couler encre et salive dans l'opinion congolaise.

Depuis que les prédits rebelles ont pris contrôle de la ville de Goma, des paisibles citoyens, et surtout les jeunes garçons sont sommairement exécutés et d'autres enlevés.

Le cas le plus récent est celui de vendredi 14 mars 2025, journée dans laquelle M. Mwinja Irenge Marius a été enlevé dans son lieu du travail par des éléments militaires de l'AFC-M23. Habitant au quartier Katindo II, Marius travaillait dans une bijouterie située au marché de Virunga. Les sources ont fait savoir à LISVDHE que le jour de son enlèvement, il était dans cette bijouterie avec son patron. Dans la matinée de ce jour-là, ils avaient reçu un client qui est venu leur vendre un bijou en or. C'est après le départ de ce dernier, qu'ils avaient vu des militaires venir les arrêter et les emmener.

Aujourd'hui, et comme il en est devenu une mode opératoire des éléments du M23 et leurs alliés, les membres des familles de ces deux ne savent rien de leurs destinations. Mais les rumeurs disent que leurs bourreaux leur avaient déposé dans le stade de l’unité de Goma. D'autres sources indiquent qu’ils ne seraient plus là, et qu'aujourd'hui, ils seraient conduits à la position militaire située au Mont Goma. Mont Goma est la petite colline sur laquelle est placé le studio de la station de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC). Les mêmes sources ont ajouté que les rebelles exigeraient trente mille dollars pour les laisser vivants.

Notons que d'autres sources proches de la famille d'une des victimes a indiqué que les victimes avaient été fortement torturées et tabassées à mort avant d'être emportées là où elles se retrouveraient à nos jours. Elle a ajouté que ces rebelles ont eu à administrer cinquante coups de fouets à chacune des victimes. Suite à ce traitement, la source doute que les victimes soient vivantes.

La torture est une atteinte au droit à l'intégrité et mentale. Elle aussi atteinte au droit à la vie. Or le droit à la vie et le non à la torture sont des droits absolus. Pour ce faire, ils doivent être respectés en temps de paix comme en temps de guerre, en tout le temps et en toute heure.

Pour ne citer que ce cas, LISVDHE rappelle que du 10 au 17 mars 2025, d’autres personnes ont été enlevées et que leurs destinations demeurent inconnues. Telle serait le cas de :

  • Depuis le lundi 10 mars 2025, M. Blaise Marora Karhim et son ami Longosabo Gloire dit Zygo, tous deux photographes, sont portés disparu. Son dernier signe de vie, est que ce jour-là, il avait fait un coup de fil à sa famille disant qu’il était vers le rond-point Signers.

  • Depuis le 14 mars 2025, M. Thierry Mwanaweka est porté disparu alors qu'il se trouvait dans le quartier Murara sur la rue de l'institut Faraja. Ce phénomène a pris d'ampleur dans la ville de Goma. Et personne d'en sait le mobile.

  • Le 17 mars 2015, à Goma vers Kituku, le Dr Muleta Gaston, représentant légal de la 55e CBCE, alors qu'il était en train de prêcher dans une cérémonie de levé deuil, serait enlevé par quelques éléments en tenues militaires et en tenues civiles. Ces derniers ont été identifiés comme étant des éléments militaires et service de renseignement du M23. Il faut préciser, depuis que le pasteur a été emporté, sa destination demeure inconnue.

  • La nuit du dimanche 9 mars 2025, une famille a été prise en otage par des hommes en armes et en tenue militaire dans la ville de Goma, située à l’est de la République Démocratique du Congo. Dans un communiqué diffusé sur les médias locaux, la famille des victimes alerte la communauté sur cet enlèvement, précisant que les victimes ont été emmenées par les ravisseurs vers la frontière congolo-rwandaise. Très inquiète, la famille a révélé les noms des victimes, parmi lesquelles figurent des nourrissons. Il s'agit entre autres le cas de : Mlle Uwase Mutoni, Mlle Mutoni Honorine, Mlle Isimbi Uwamariya Yvette, Mlle Ushindi Sugira Odette, Mlle Mutuwimana Malikiya Angel, M. Bahati Iradukunda, M. Shukuru Minyaruko David, Mlle Asifiwe Daniella, M. Keza Gabriel et Mme Mukamana Kayitesi Claudine (la mère).

Pendant ce temps, le samedi 15 mars 2025, vers Kituku, deux corps sans vie ont été retrouvés jetés dans le lac Kivu. Les victimes étaient des jeunes garçons qui jusque-là leurs identités ne sont encore élucidées.

Cette situation arrive au moment où éléments du M23 se caractérisent copieusement par des enlèvements, des recrutements forcés et des exécutions sommaires et extrajudiciaires des jeunes. Il arrive également alors qu'hier, les autres jeunes garçons ont été fusillés gratuitement par les éléments d'AFC-M23 au quartier Katindo vers le bâtiment des Travaux Publics, communément appelé << TP>>.

Cette liste n’est pas exhaustive. En raison de l’environnement de terreur et de l’insécurité instauré à Goma, personne n’a confiance à personne. C'est pourquoi plusieurs cas passent souvent inaperçus aux yeux de nos sources.

LISVDHE condamne ce comportement adopté par des rebelles de l'AFC-M23 dans la ville de Goma et partout où ils ont le contrôle. Elle exige la libération pure, simple et sans conditions de sieurs Mwinja Irenge Marius, son patron et de toute autre personne détenue illégalement dans ses geôles.

Les droits de l'homme étant d'une portée internationale, LISVDHE croit que l'obligation de protéger revient à chaque organisation et à chaque État. Et pour ce faire, LISVDHE appelle toutes les organisations internationales, régionales et nationales ainsi que d'autres États à mettre pression sur l'AFC-M23 et ses alliés pour qu'ils respectent les droits de l'homme.

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